Algérie : Le général Saïd Chengriha va écarter des officiers pour préserver la cohésion morale de l’armée

Le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) d’Algérie et ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, a décidé de mettre fin aux fonctions de certains généraux et officiers de l’armée, dans une décision de limogeage présentée selon une source sécuritaire comme un acte de responsabilité destiné à préserver la cohésion morale des forces armées.

Selon la même source, proche du cercle du général, cette mesure va intervenir après plusieurs mois de tensions internes ayant suscité des inquiétudes au sein de l’état-major. Le comportement et certaines prises de position des officiers jugés susceptibles d’alimenter les divisions entre officiers généraux et leurs subordonnés fragiliseront l’institution militaire.

« La cohésion de l’armée n’est pas négociable. Aucun responsable, quel que soit son grade, ne peut placer ses intérêts personnels au-dessus de l’unité de l’institution militaire », aurait déclaré le général, lors d’une réunion dans un cercle fermé avec quelques hauts gradés militaires.

La décision, sera prise dans le soi-disant respect des procédures prévues par les règlements militaires et la constitution que lui confère le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune. Plusieurs officiers auraient salué une mesure permettant de restaurer un climat de confiance et de mettre un terme aux tensions qui menaçaient de s’installer au sein des différents corps de l’armée.

Le chef de l’armée a réaffirmé à ses collaborateurs que les changements à la tête des différentes composantes des forces armées relèvent de ses prérogatives, laissant ainsi entendre que ces décisions échappent au contrôle du pouvoir civil. Il a justifié ces changements par la nécessité de garantir l’efficacité du commandement et le bon fonctionnement de l’institution militaire.

Pour l’état-major, cette décision constituerait surtout un message adressé à l’ensemble des militaires et même au président Abdelmadjid Tebboune ainsi que à son entourage, qui chercheraient à le renvoyer : la discipline, la loyauté institutionnelle et le respect de la chaîne de commandement doivent rester les seuls fondements de l’action des forces armées.

Avec cette décision, le chef de l’armée, homme fort du pays, entend ainsi mettre fin aux tensions internes et rétablir une dynamique fondée sur la suprématie de l’armée, la confiance, la solidarité et l’unité entre les officiers généraux et l’ensemble du personnel militaire sur le pouvoir civil en Algérie.