Soudan du Sud: retour de Riek Machar et espoirs de retour à la paix

Après plusieurs reports, Riek Machar, le chef rebelle du Soudan du Sud est rentré mardi à Juba, où il a aussitôt pris ses fonctions de vice-président de son rival, Salva Kiir, ouvrant ainsi la voie à la formation d’un gouvernement d’union nationale en mesure de mettre fin à plus de deux ans d’une guerre civile particulièrement sanglante.

A son arrivée en provenance de son lieu d’exil à Gambella, dans l’ouest de l’Ethiopie, Riek Machar a prêté serment dans l’enceinte même de l’aéroport de Juba. Preuve qu’en dépit de l’accord de paix conclu en août 2015 avec le président Salva Kiir, la confiance est loin de régner entre les deux hommes. Cette méfiance s’est illustrée par les reports successifs du retour du chef rebelle dans la capitale.

Pour plus de sécurité, Riek Machar exigeait de rentrer accompagné d’une force lourdement armée. Après plusieurs mois de tractations, les deux camps se sont finalement mis d’accord pour que Machar soit précédé par son chef d’état-major. Ce dernier est arrivé le 25 avril à Juba en provenance de Gambella, suivi le lendemain par Riek Machar.

Les deux chefs rivaux ont affiché une forte volonté de réconciliation. « Nous devons rassembler notre peuple pour qu’il puisse s’unir et guérir de ses blessures», a ainsi déclaré le chef rebelle à son arrivée. Ce à quoi le président Salva Kiir a répondu: «Je suis très heureux d’accueillir et recevoir mon frère Riek Machar (…) et je n’ai aucun doute que son retour à Juba marquera la fin de la guerre».

Le décor semble donc planté pour mettre fin à une guerre civile qui, en moins de deux ans et demi, a fait des dizaines de milliers morts et près de 2,5 millions de déplacés. Une guerre civile déclenchée en décembre 2013, à cause de la rivalité entre Salva Kiir et son vice-président Riek Machar, alors que le pays venait à peine d’obtenir l’indépendance en juillet 2011.