Steeve Rouyar, ressortissant français arrêté en juin dernier au Togo en marge d’une manifestation et poursuivi notamment pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », a été libéré et est rentré en France jeudi matin, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères.
Sa remise en liberté fait suite à une « décision de la justice togolaise », a précisé le Quai d’Orsay, confirmant des informations qui circulaient depuis la soirée du 31 décembre en Guadeloupe, territoire d’origine de l’intéressé. Les autorités françaises ont indiqué ne pas vouloir commenter le fond du dossier, soulignant qu’il s’agissait d’une « affaire judiciaire individuelle ». Sur les réseaux sociaux, Steeve Rouyar a exprimé son soulagement, remerciant ses soutiens dans un message publié jeudi après-midi.
Agé de 44 ans, père de deux enfants et expert-comptable, il s’était installé au Togo en novembre 2024. Il avait été interpellé le 6 juin à Lomé, lors d’une manifestation rare dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé depuis deux décennies par le président Faure Gnassingbé.
Cette mobilisation, menée principalement par des jeunes, dénonçait l’arrestation de voix critiques, la hausse du coût de l’électricité et surtout l’adoption d’une nouvelle Constitution supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le parquet avait alors indiqué qu’une cinquantaine de personnes avaient été arrêtées ce jour-là.
Selon une source proche du dossier, Steeve Rouyar était poursuivi pour troubles aggravés à l’ordre public, une infraction passible de un à cinq ans de prison, qu’il aurait reconnue devant un juge d’instruction. Il faisait également l’objet d’accusations d’« atteinte à la sûreté de l’État », qu’il contestait, un crime passible de lourdes peines.
Sa libération intervient alors que les autorités togolaises ont annoncé mercredi la grâce présidentielle de 1 511 détenus, une mesure traditionnelle de fin d’année, sans que la liste des bénéficiaires n’ait encore été rendue publique.
Militant politique en Guadeloupe, où il s’est présenté à plusieurs reprises aux élections législatives sous une étiquette de gauche, Steeve Rouyar projetait d’ouvrir un cabinet d’expertise-comptable au Togo, un projet freiné, selon ses proches, par des difficultés administratives.
