Vatican : Des ONG appellent le pape Léon XIV à défendre les libertés religieuses et les droits humains en Algérie

A l’approche de la visite du pape Léon XIV en Algérie, prévue du 13 au 15 avril, une première pour un souverain pontife dans ce pays, trois organisations internationales de défense des droits humains interpellent le Vatican sur plusieurs enjeux sensibles.

Dans une lettre commune adressée au chef de l’Église catholique, EuroMed Rights, Human Rights Watch et MENA Rights Group demandent au pape de sensibiliser les autorités algériennes à la situation des libertés fondamentales, en particulier la liberté de religion.

Les trois ONG appellent notamment à mettre fin aux discriminations visant certaines minorités religieuses. Elles citent en particulier les chrétiens de l’Église protestante d’Algérie ainsi que les musulmans ahmadis, qui feraient face à des contraintes juridiques et administratives limitant leur capacité à pratiquer leur foi, à s’organiser et à s’exprimer ouvertement.

Au-delà de la liberté religieuse, les organisations exhortent également le pape à aborder la question de la liberté d’expression, en demandant la libération des personnes détenues de manière arbitraire pour avoir exercé leurs droits. Elles appellent aussi à la levée de certaines interdictions de déplacement qu’elles jugent abusives.

Selon ces ONG, plusieurs centaines de militants, journalistes et défenseurs des droits humains auraient été arrêtés, poursuivis ou condamnés pour avoir participé à des manifestations ou exprimé des opinions critiques, dans un contexte de restrictions des libertés publiques.

La situation des réfugiés et des migrants figure également parmi les préoccupations soulevées. Les organisations demandent au pape d’encourager les autorités à mettre fin aux pratiques qu’elles dénoncent, notamment les expulsions collectives, les détentions arbitraires et certaines formes de discrimination, y compris le profilage racial.

Par ailleurs, des voix s’élèvent pour rappeler l’existence d’une communauté chrétienne, notamment kabyle, contrainte de pratiquer son culte dans l’ombre, ainsi que le souvenir encore vif de l’affaire des sept moines trappistes français du monastère de Tibhirine, enlevés puis assassinés en 1996, un épisode qui demeure profondément ancré dans l’histoire récente de l’Algérie.