Centrafrique : L’enquête visant une filiale du groupe Castel classée sans suite en France

Après près de quatre années d’investigations, la justice française a décidé, en février, de clore l’enquête ouverte contre une filiale centrafricaine du groupe Castel, soupçonnée de complicité de crimes contre l’humanité.

Le Parquet national antiterroriste (Pnat), en charge de ce type d’affaires, a estimé que les faits reprochés n’étaient pas suffisamment établis pour engager des poursuites. L’enquête avait été lancée à la suite d’un rapport publié en 2021 par l’ONG The Sentry, puis confiée en 2022 à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité.

Les investigations ont donné lieu à de nombreuses auditions, en France comme en République centrafricaine. Malgré cela, les éléments recueillis n’ont pas permis de caractériser les infractions dénoncées.

Au cœur des accusations figurait la filiale sucrière Sucaf RCA, liée au groupe Castel via la société Somdia. L’ONG affirmait que l’entreprise avait conclu des arrangements avec des groupes armés, notamment l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), afin de sécuriser ses installations industrielles et ses plantations. Selon le rapport, ces accords auraient impliqué des soutiens financiers et logistiques indirects.

Ces allégations ont toujours été contestées par la défense, qui dénonçait un rapport biaisé et évoquait un contexte de rivalités d’influence, notamment liées à la présence russe dans le pays. Depuis plusieurs années, la République centrafricaine est en effet le théâtre de tensions informationnelles entre acteurs internationaux, avec en toile de fond des intérêts économiques et sécuritaires.

Les avocats de Somdia et de son ancien dirigeant ont pris acte de la décision de justice, tout en regrettant les conséquences économiques et sociales de cette affaire, notamment la fermeture d’un site industriel ayant affecté de nombreuses familles locales.

De son côté, The Sentry a exprimé son désaccord, estimant que l’enquête n’avait pas permis d’aller au bout des investigations, notamment en raison de difficultés d’accès à certains témoins clés.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large où plusieurs entreprises opérant dans des zones de conflit font l’objet de soupçons similaires.