Le gouvernement ivoirien a annoncé, mercredi, la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), une institution clé dans l’organisation des scrutins, régulièrement contestée par l’opposition. La décision a été entérinée à l’issue d’un Conseil des ministres, sans qu’un dispositif de remplacement ne soit encore précisé.
Selon le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, cette mesure fait suite aux nombreuses critiques visant l’organe électoral. Il a évoqué des « réserves » récurrentes à l’égard de la CEI, justifiant ainsi sa suppression.
Aucune alternative concrète n’a, pour l’heure, été dévoilée. Le gouvernement indique toutefois qu’un nouveau mécanisme sera prochainement discuté, avec pour ambition d’instaurer un cadre électoral plus crédible et consensuel. L’objectif affiché est de renforcer la confiance entre les acteurs politiques et de garantir la tenue d’élections apaisées sur le long terme.
Cette décision intervient quelques mois après les dernières échéances électorales, notamment la présidentielle remportée largement par Alassane Ouattara. Ce scrutin avait été marqué par des tensions, plusieurs figures de l’opposition ayant été exclues de la liste électorale, à l’image de l’ancien président Laurent Gbagbo ou encore de Tidjane Thiam.
La CEI, chargée entre autres de superviser les élections et de gérer le fichier électoral, était régulièrement accusée par l’opposition de manquer d’indépendance. En réaction, certaines formations politiques avaient suspendu leur participation aux travaux de l’institution.
Dans ce contexte, l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan a appelé à l’ouverture d’un dialogue inclusif entre le pouvoir, les partis politiques et la société civile afin de refonder le système électoral, au nom de la stabilité du pays.
Malgré les critiques, la CEI a toujours rejeté toute accusation de partialité, affirmant agir en toute neutralité. Sa composition incluait des représentants de l’exécutif, de la magistrature, de la société civile et des partis politiques, dont plusieurs issus de l’opposition.
