Une attaque armée survenue mardi soir dans le nord du Soudan du Sud a fait au moins quinze morts et vingt-deux blessés, selon les autorités locales. L’incident, survenu dans la région administrative spéciale de Ruweng, serait lié à un vol de bétail, un phénomène récurrent dans ce pays marqué par l’instabilité et les conflits communautaires.
Le gouverneur de l’Etat d’Unité, Joseph Manytuil, a indiqué dans un communiqué que des hommes armés avaient mené un assaut meurtrier contre des habitants de la région. À l’issue d’une visite sur les lieux, il a fait état d’un bilan de quinze victimes et de vingt-deux blessés, précisant que des femmes et des enfants figuraient parmi les personnes tuées.
Le responsable a appelé les communautés locales à faire preuve de retenue et à éviter toute action de représailles susceptible d’aggraver les tensions. Il a également signalé que les assaillants avaient abattu une quarantaine de têtes de bétail au cours de leur raid.
Les affrontements liés au contrôle des pâturages, à l’accès aux ressources en eau ou aux vols de bétail demeurent fréquents au Soudan du Sud. Ces rivalités sont exacerbées par les effets des sécheresses et des inondations qui frappent régulièrement ce jeune État d’Afrique de l’Est.
Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, l’attaque aurait été menée par un groupe armé issu de la communauté dinka contre un campement d’éleveurs nuer. Les relations entre ces deux groupes ethniques restent marquées par de longues années de tensions et de violences depuis l’indépendance du pays en 2011.
La région de Ruweng avait déjà été le théâtre d’un épisode sanglant en mars dernier, lorsqu’au moins 169 personnes avaient perdu la vie lors d’attaques menées par des groupes armés.
Cette nouvelle flambée de violence intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Depuis décembre, plusieurs régions du pays connaissent une recrudescence des affrontements opposant les forces loyales au président Salva Kiir à des groupes armés proches de son rival politique Riek Machar. Le fragile accord de partage du pouvoir conclu entre les deux camps s’est progressivement effondré, alimentant les craintes d’une détérioration de la situation sécuritaire.
Riek Machar demeure placé en résidence surveillée depuis plus d’un an et fait l’objet de poursuites pour des accusations de crimes contre l’humanité.
