Nigeria : Tinubu revendique des avancées sécuritaires malgré une menace persistante

Le président nigérian Bola Tinubu a affirmé vendredi que plus de 13.000 terroristes avaient été neutralisés au cours de l’année écoulée, tout en assurant que les pertes liées à l’insurrection jihadiste avaient chuté de 81% depuis son arrivée au pouvoir en 2023.

S’exprimant lors d’une allocution télévisée à l’occasion de la Journée de la démocratie, le chef de l’Etat a également mis en avant les résultats de l’opération « Safe Corridor », un programme de réinsertion destiné aux combattants repentis. Selon lui, plus de 124.000 combattants et membres de leurs familles ont abandonné la lutte armée depuis 2023.

Première puissance démographique du continent africain, le Nigeria reste confronté à une crise sécuritaire complexe. Depuis le soulèvement du groupe jihadiste Boko Haram en 2009, le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes. À cette menace s’ajoutent les incursions de groupes armés venus du Sahel, les activités criminelles de bandes appelées « bandits », les enlèvements contre rançon ainsi que les tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs.

Face à cette situation, l’administration Tinubu a multiplié les initiatives sécuritaires. Après avoir décrété un état d’urgence sécuritaire à l’échelle nationale en novembre dernier, le gouvernement a lancé le recrutement de 50.000 policiers supplémentaires et consacré 5.410 milliards de nairas (environ 3,4 milliards d’euros) à la défense, un niveau présenté comme le plus élevé de l’histoire du pays.

La coopération militaire avec les partenaires occidentaux s’est également renforcée. Selon le président, les collaborations avec les États-Unis, la France et plusieurs pays européens ne se limitent plus à la formation des forces locales, mais incluent désormais des opérations de ciblage contre les groupes armés. Ces actions auraient notamment affaibli les structures de commandement de Boko Haram dans l’État de Borno, au nord-est.

Le mois dernier, une opération conjointe des forces nigérianes et américaines a conduit à la mort d’Abu-Bilal al-Minuki, présenté par Abuja comme l’un des principaux cadres de l’organisation État islamique dans la région. Le commandement militaire américain pour l’Afrique affirme par ailleurs que les opérations menées avec le Nigeria ont permis d’éliminer plus de 200 combattants affiliés à l’EI.

Malgré ces avancées, l’insécurité continue de peser sur la population et l’économie, notamment dans le nord du pays, principal bassin agricole du Nigeria.