La contestation populaire a franchi un nouveau cap en Libye. Des centaines de manifestants ont bloqué, lundi à l’aube, plusieurs institutions publiques à Tripoli pour réclamer le départ du Gouvernement d’unité nationale (GUN) dirigé par Abdelhamid Dbeiba, qu’ils tiennent pour responsable de la dégradation des conditions de vie et de l’impasse politique que traverse le pays.
Le mouvement, lancé dimanche soir à l’appel de groupes de citoyens sur les réseaux sociaux et par le bouche-à-oreille, s’inscrit dans une campagne de désobéissance civile amorcée vendredi avec le blocage des accès au ministère des Affaires étrangères. En paralysant les administrations, les protestataires espèrent accentuer la pression sur les autorités afin d’obtenir un changement de gouvernance.
La mobilisation ne s’est pas limitée à la capitale. Dans plusieurs villes de l’ouest libyen, des habitants ont également érigé des barrages routiers pour exiger la démission immédiate du Premier ministre et l’organisation d’élections présidentielle et législatives, censées permettre la réunification d’un pays divisé entre deux administrations rivales depuis 2014.
Le mécontentement populaire est alimenté par une crise économique et sociale persistante. Les coupures d’électricité, qui peuvent durer jusqu’à 15 heures en pleine vague de chaleur, ont ravivé la colère des Libyens. Les manifestants réclament également des poursuites contre les responsables présumés de corruption et une amélioration des services essentiels, notamment dans les domaines de l’électricité, de la santé et de la sécurité.
Outre les bâtiments gouvernementaux, plusieurs banques et entreprises de services ont été affectées par les blocages. Les protestataires exigent des mesures urgentes pour faire face à une crise qui touche également l’approvisionnement en carburant, en médicaments et en liquidités.
Depuis les élections législatives de 2014, la Libye reste divisée entre le Gouvernement d’unité nationale, qui contrôle l’ouest du pays, et l’administration de l’est soutenue par le maréchal Khalifa Haftar. Malgré les efforts déployés par les Nations unies et les Etats-Unis pour favoriser la tenue d’élections nationales et réunifier le pays, les avancées demeurent limitées quinze ans après la chute de Mouammar Kadhafi.
