Abuja : Nigeria et Afrique du Sud s’engagent à apaiser les tensions liées aux violences xénophobes

Le Nigeria et l’Afrique du Sud ont convenu de réduire les discours susceptibles d’attiser les tensions entre les deux pays, dans un contexte marqué par une recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud. L’accord a été annoncé mardi par Pretoria à l’issue d’une mission diplomatique menée à Abuja.

Réunis lundi, le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, et des responsables nigérians ont souligné la nécessité de mettre fin aux déclarations incendiaires et de prévenir tout acte d’hostilité susceptible de détériorer davantage les relations bilatérales.

Lors de cette rencontre, Ronald Lamola a réaffirmé le rejet par son gouvernement de toute forme de racisme, de discrimination et d’intolérance. Il a toutefois rappelé que, si Pretoria poursuivait les auteurs d’infractions, quelle que soit leur nationalité, les actes de vengeance populaire et les violences visant les ressortissants étrangers ne seraient pas tolérés. Des arrestations ont déjà été effectuées et les enquêtes se poursuivent, a-t-il précisé.

Le ministre a également évoqué plusieurs facteurs ayant alimenté les tensions ces derniers mois, notamment la désignation controversée d’un « roi Igbo » par une partie de la communauté nigériane dans la province du Cap-Oriental. Il a aussi indiqué que plus de 500 Nigérians avaient été poursuivis pour leur implication présumée dans des affaires de criminalité organisée, de trafic de stupéfiants et de fraude financière. À cela s’ajoutent, selon lui, des incidents liés à l’occupation illégale de logements et de locaux commerciaux dans certains quartiers de Johannesburg et Pretoria.

Ces événements ont contribué à détériorer l’image de la communauté nigériane en Afrique du Sud, a estimé Ronald Lamola, qui a appelé à traiter ces questions dans le respect de l’État de droit afin de préserver les relations entre les deux pays.

Cette initiative diplomatique intervient après plusieurs mois de crispations entre Abuja et Pretoria. Le Nigeria avait notamment convoqué l’ambassadeur sud-africain et dénoncé les violences xénophobes comme une forme d’« apartheid ».

Les tensions ont culminé le 30 juin, lorsque des milliers de manifestants ont exigé le départ des migrants en situation irrégulière. Selon Pretoria, près de 73 000 personnes ont quitté le pays au cours des deux derniers mois, tandis que plusieurs Etats africains, dont le Zimbabwe, le Kenya, le Ghana, l’Ouganda, le Malawi et le Mozambique, ont procédé au rapatriement de milliers de leurs ressortissants.