Les autorités centrafricaines ont décidé de fermer provisoirement la mine d’or artisanale de Zamboyé, dans l’ouest du pays, après son effondrement mardi, qui a fait au moins 49 morts selon un premier bilan officiel. Le site se trouve près de la frontière avec le Cameroun, aux abords de la rivière Kadeï.
Le ministre des Mines et de la Géologie, Rufin Benam-Beltoungou, qui s’est rendu sur place mercredi, a indiqué que les victimes recensées comprenaient 34 Centrafricains, 13 Camerounais et deux Tchadiens. Ce bilan pourrait toutefois s’alourdir. Des sources locales font état de plusieurs personnes toujours portées disparues, probablement ensevelies sous les décombres.
Sept blessés ont par ailleurs été évacués vers l’hôpital de Baboua, situé à une cinquantaine de kilomètres du site minier.
Jeudi, les opérations de recherche étaient suspendues en raison de la poursuite de l’effondrement. Les fortes pluies enregistrées ces derniers jours ont également provoqué l’inondation du fond de la mine, rendant toute intervention particulièrement dangereuse. Sur place, d’importants effectifs de sécurité, dont des membres du groupe paramilitaire russe Wagner, étaient déployés.
Connu localement sous le nom de « Moscou-RCA », ce vaste chantier est exploité par des orpailleurs artisanaux dans des conditions de sécurité précaires. Le ministère des Mines a de nouveau mis en garde contre les risques liés aux exploitations minières non conventionnelles, notamment durant la saison des pluies.
Pour Crescent Beninga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile, cette nouvelle tragédie révèle surtout l’absence de mesures préventives. Il rappelle qu’un éboulement similaire avait déjà causé plusieurs dizaines de morts à la mi-juin dans la mine d’or de Bé-Mbari, également située dans la région de Nana-Mambéré, près du Cameroun.
« Qu’est-ce que nous avons fait pour que cela ne puisse pas se reproduire ? La réponse est que rien n’a été fait », déplore-t-il, estimant que l’accès à ces sites aurait dû être interdit pendant la période des pluies.
Les accidents de ce type sont fréquents en Centrafrique, pays aux importantes ressources minières mais confronté à une exploitation souvent artisanale et illégale, échappant en partie au contrôle des autorités.
