Guinée équatoriale : Six militaires français retenus dans l’aéroport de Bata

Six militaires français étaient retenus jeudi à l’aéroport de Bata, la capitale économique de Guinée équatoriale, où ils avaient posé leur hélicoptère la veille pour se ravitailler en carburant, ont indiqué l’armée française.

“Ils se sont posés mercredi à 14H15 (13H15 GMT) parce qu’ils n’avaient plus de pétrole. A ce moment a commencé une séquence de tracasseries administratives”, a affirmé le colonel Pascal Ianni, porte-parole de l’état-major des Armées françaises, ajoutant qu’ils étaient toujours en attente d’une autorisation de redécoller.

“On est dans une phase de négociation” avec les autorités locales, a-t-il poursuivi. “On se retrouve face à un incident tel qu’on en a déjà connu. Ils retiennent l’hélicoptère et l’équipage”, a-t-il également précisé.

Selon le ministère de l’Aviation civile, cité par l’agence officielle de Guinée équatoriale, “cet hélicoptère n’avait pas de permis ni d’autorisation pour survoler l’espace aérien équato-guinéen et bien moins pour atterrir à l’aéroport de Bata”. Le ministère a dénoncé une “violation grave des normes internationales de l’aéronautique, une provocation directe et une attaque contre la sécurité nationale”.

La détention de cet appareil avec son équipage coïncide avec une décision de la justice française condamnant définitivement dans un volet de l’affaire des “biens mal acquis” le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorin, 52 ans, fils du président Teodoro Obiang Nguema.

Il avait été condamné par la cour d’appel de Paris en février 2020 à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amende et la confiscation de tous ses biens saisis pour “blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics et d’abus de confiance” entre 1997 et 2011.

Lundi, la Guinée équatoriale avait annoncé la fermeture de son ambassade à Londres après des sanctions, considérées par Malabo comme “illégales”, imposées pour des faits de corruption par le Royaume-Uni contre M. Obiang.