Sahel : des sénateurs français incitent à la vigilance

2376999-3328397Les sénateurs Jean-Pierre Chevènement et Gérard Larcher, tous deux membres de la Commission des affaires étrangères et des forces armées, viennent de publier un rapport d’information très fouillé sur la situation dans le Sahel. Ce rapport invite la communauté internationale, la France en particulier, à ne pas relâcher son attention sur la zone.

Malgré les succès obtenus sur le terrain, que ce soit militairement avec l’éviction des islamistes par les forces françaises et africaines ou diplomatiquement avec l’accord de Ouagadougou entre Bamako et les Touaregs ou l’organisation de la présidentielle, la crise est loin d’être réglée. Dans leur rapport intitulé “Sahel : pour une approche globale”, les sénateurs français recommandent une approche large, centrée sur les questions de développement, pour répondre définitivement à la menace terroriste. Une radicalisation de la population n’est pas à exclure, des groupes tels que le MUJAO étant bien installés dans les villages de la boucle du Niger. L’occupation islamiste du Nord du Mali pendant un an et demi a fait découvrir à une frange de la population que l’islamisme était une option. Le rapport des sénateurs français estime qu’une école coranique s’ouvre chaque semaine au Mali alors que d’autres milliers sont déjà opérationnelles entre la Mauritanie et le Niger. Le risque de dérives si aucun encadrement n’est réalisé est d’autant plus grand que d’ici 2020 le Mali et le Niger devraient chacun compter 50 millions d’habitants selon les estimations.

Les parlementaires français proposent de s’intéresser aux interconnexions entre l’Afrique de l’ouest et le Maghreb pour empêcher le déplacement des islamistes vers le Nord de l’Afrique et surtout de maintenir le dispositif militaire en Afrique de l’Ouest. Ils recommandent également d’intensifier la coopération avec l’Algérie, notamment pour le partage des informations et la sécurisation des frontières. Les auteurs du rapport proposent également de conditionner l’aide au développement de la France au Mali à l’avancée de la réconciliation inter-malienne après l’élection présidentielle pour favoriser la résolution des clivages ethniques.