Côte d’Ivoire : Une route stratégique désenclave le nord du pays

Dans le nord de la Côte d’Ivoire, une nouvelle route bitumée de 228 kilomètres relie désormais Odienné aux frontières du Mali et de la Guinée. Construite par la China Harbour Engineering Company (CHEC), cette infrastructure en forme de Y traverse les régions de Kabadougou et de Folon. Mise en service en mars, elle met fin aux coupures de circulation fréquentes durant la saison des pluies.

« C’est une voie essentielle pour l’accès des pays voisins aux ports ivoiriens », souligne Li Yangchun, directeur du projet. Le trajet entre Odienné et la frontière malienne est passé de 4h30 à 1h30, celui vers la Guinée a été réduit de trois à une heure.

Ce gain de temps a un impact direct sur l’économie régionale. Longtemps enclavée, la région du Denguélé, grande productrice de noix de cajou, de mangue et de coton, voit ses exportations facilitées. « Avant, les camions ne pouvaient pas atteindre notre entrepôt », raconte Yacouba Koné, commerçant à Odienné. « Aujourd’hui, tout est fluide ».

Pour les agriculteurs, cette route change la donne. Aka Kanga, originaire d’un village voisin, se rappelle les récoltes abandonnées faute de moyens d’acheminement. « Maintenant, nos produits arrivent jusqu’aux marchés », dit-il.

Au bord de la route, Adiarra Coulibaly, épicière, observe une hausse de sa clientèle. « La vie est plus simple. Les clients viennent de partout », se réjouit-elle. Même constat pour Arouna Diarrassouba, commerçant transfrontalier. « Je voyage jusqu’à trois fois par semaine entre la Côte d’Ivoire, le Mali et la Guinée. Le commerce est relancé ».

Au-delà de l’infrastructure, le chantier a généré plus de 2.000 emplois et permis la formation de nombreux techniciens locaux. « Nous avons aussi creusé des puits, réparé des chemins, offert des fournitures scolaires », indique Shi Tianhu, responsable de la main-d’œuvre locale chez CHEC.

Pour les autorités, les effets sont déjà visibles. « Cette route a désenclavé la région et dynamisé l’économie », affirme Niamien Assassy Caunan, sous-préfet de Tienko. Un projet salué autant pour son impact régional que pour l’amélioration tangible du quotidien.