La prochaine élection présidentielle au Bénin, prévue pour avril 2026, se tiendra bien avec deux candidats seulement, selon la décision de la Cour constitutionnelle rendue publique tard jeudi soir. Le ministre des Finances, Romuald Wadagni, soutenu par la majorité présidentielle, et Paul Hounkpè, un opposant modéré, seront les seuls à concourir, après l’exclusion du principal parti d’opposition, Les Démocrates (LD), dont la candidature a été rejetée.
Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances et dauphin désigné du président sortant Patrice Talon, qui ne brigue pas un troisième mandat après avoir dirigé le pays pendant deux mandats de cinq ans, est largement vu comme le grand favori de cette élection.
Le 30 octobre, la Commission électorale nationale autonome (CENA) avait rejeté la candidature de Renaud Agbodjo, désigné par le principal parti d’opposition, Les Démocrates, en raison d’un manque de parrainages suffisants. Jeudi, la Cour constitutionnelle a confirmé cette décision, officialisant la liste des deux candidats habilités à participer à la présidentielle du 12 avril 2026.
Paul Hounkpè, le candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), se positionne en tant qu’opposant « modéré », bien que son parti ait conclu plusieurs accords avec des formations proches du pouvoir. Cette stratégie en a fait un allié de facto du gouvernement, bien qu’il se présente comme un alternative au régime Talon.
L’introduction d’un seuil minimum de parrainages d’élus pour être éligible à la présidentielle a déjà eu pour effet d’éliminer une grande partie de l’opposition lors des dernières élections de 2021, remportées dès le premier tour par Patrice Talon.
Les Démocrates, en plus de se voir privés de candidats pour l’élection présidentielle, seront également absents des prochaines élections communales prévues pour janvier. Leurs listes ont été jugées irrecevables par la Commission électorale. De plus, six députés du parti ont récemment quitté la formation, marquant un nouveau coup dur pour l’opposition.
L’ex-président béninois Yayi Boni, leader des Démocrates, a dénoncé en octobre une « exclusion systématique » de l’opposition, accusant Patrice Talon de manipuler les règles électorales à son avantage. En réponse, le président sortant a balayé ces accusations, suggérant dans une interview télévisée la semaine dernière que ceux qui échouent à s’adapter aux règles en place ne devraient pas chercher un bouc émissaire.Talon a par ailleurs exprimé son désaveu face à la situation politique actuelle, la qualifiant de préjudiciable pour l’image du pays.
