Le camp stratégique de Tessalit, dans le nord du Mali, est passé sous le contrôle de groupes armés après une série d’attaques menées contre les forces de la junte, selon plusieurs sources locales, sécuritaires et indépendantistes citées par l’AFP.
Situé près de la frontière algérienne, Tessalit constitue une position militaire majeure en raison de sa piste d’atterrissage capable d’accueillir des avions militaires et des hélicoptères. Le site abritait également des soldats maliens, des éléments russes alliés à Bamako ainsi qu’un important matériel militaire.
Selon un élu local, l’armée malienne et ses alliés russes ont quitté leurs positions vendredi matin avant l’arrivée des combattants. Une source sécuritaire affirme qu’« aucun combat n’a eu lieu », tandis qu’un responsable rebelle évoque une « reddition ».
La prise de Tessalit intervient quelques jours après celle de Kidal, autre ville stratégique du nord du pays. Des sources locales indiquent également que le camp d’Aguelhok, à une centaine de kilomètres de Kidal, serait désormais contrôlé par les groupes armés.
Le Mali traverse une crise sécuritaire majeure après des offensives coordonnées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et du Front de libération de l’Azawad (FLA). Jeudi, le JNIM a appelé à la formation d’un « front commun » pour mettre fin au régime militaire installé au pouvoir depuis 2020.
Les jihadistes ont aussi imposé un blocus routier autour de Bamako, perturbant plusieurs axes stratégiques menant à la capitale.
Dans le même temps, un hommage national a été rendu au ministre de la Défense Sadio Camara, tué lors des attaques ayant fait au moins 23 morts selon une source hospitalière. Considéré comme l’un des piliers du régime et l’artisan du rapprochement avec Moscou, sa disparition représente un revers majeur pour la junte.
Malgré les déclarations du président de transition le général Assimi Goïta affirmant que la situation est « maîtrisée », les groupes armés assurent que le pouvoir militaire est désormais affaibli. Moscou a toutefois confirmé le maintien de ses forces au Mali.
