Les autorités du Nigéria ont annoncé leur intention d’organiser un retour volontaire de leurs ressortissants installés en Afrique du Sud, où une récente vague d’attaques xénophobes vise des immigrés africains.
Destination pour de nombreux travailleurs du continent, l’Afrique du Sud attire depuis des années une main-d’œuvre étrangère, qu’elle soit en situation régulière ou non. Toutefois, le pays, confronté à un chômage dépassant les 30%, connaît régulièrement des tensions anti-immigrés, récemment aggravées par des épisodes de violence.
La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a indiqué qu’au moins 130 Nigérians ont déjà exprimé leur souhait de rentrer au Nigeria. Elle a précisé que ce chiffre pourrait augmenter, soulignant que la sécurité et les activités économiques des Nigérians ne doivent plus être menacées.
Selon elle, deux ressortissants nigérians, Amamiro Chidiebere et Nnaemeka Matthew Andrew, ont récemment perdu la vie dans des incidents distincts impliquant des agents de sécurité sud-africains.
La ministre a également dénoncé une résurgence de comportements xénophobes, qu’elle associe aux périodes préélectorales, accusant certains partis d’opposition d’exploiter ces tensions pour séduire l’électorat. Les Sud-Africains sont attendus aux urnes en novembre pour des élections municipales.
Dans ce contexte, le Nigeria a convoqué le représentant diplomatique sud-africain à Abuja afin d’aborder les mauvais traitements signalés contre ses citoyens ainsi que les attaques visant leurs commerces.
De son côté, le ministre sud-africain de la Police par intérim a condamné ces violences fin avril, rappelant qu’elles sont contraires à la loi et aux principes constitutionnels du pays, notamment en matière de dignité et d’égalité.
D’après les données officielles, plus de trois millions d’étrangers vivent actuellement en Afrique du Sud, soit un peu plus de 5% de la population, dont la majorité provient des pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
