Amnesty International : Un rapport accuse les ADF de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité contre l’humanité en RDC

Un rapport publié mardi par Amnesty International met en cause les rebelles ADF, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce groupe armé, affilié à l’État islamique, est pointé du doigt pour la multiplication des pillages, enlèvements et massacres dans la région.

Depuis plus de trois décennies, l’est de la RDC est le théâtre de violences persistantes impliquant de nombreuses milices. Les ADF (Forces démocratiques alliées), issus d’anciens rebelles ougandais et actifs notamment au Nord-Kivu et en Ituri, sont tristement connus pour leur brutalité envers les populations civiles.

S’appuyant sur des entretiens menés auprès de 71 personnes entre octobre 2025 et février 2026, Amnesty documente des attaques contre des civils, des enlèvements, du travail forcé, ainsi que le recrutement et l’utilisation d’enfants. Le rapport évoque également des violences ciblant les femmes et les filles, notamment des mariages et des grossesses forcés.

Pour l’organisation, ces exactions relèvent de crimes de guerre et, compte tenu de leur caractère systématique et à grande échelle contre les civils, de crimes contre l’humanité.

Amnesty affirme que les ADF ciblent délibérément les civils, non seulement pour se procurer des vivres, des médicaments et d’autres ressources, mais aussi en représailles à des opérations militaires. L’ONG souligne par ailleurs une recrudescence des enlèvements contre rançon.

Les victimes enlevées subissent des violences physiques, du travail forcé, de l’esclavage sexuel et, dans certains cas, des exécutions illégales. Certaines sont même contraintes de participer à des attaques.

Les femmes et les filles kidnappées sont fréquemment converties de force à l’islam et attribuées comme « épouses » à des combattants, une pratique décrite comme systématique dans les camps du groupe afin de favoriser le recrutement.

Selon les témoignages recueillis, des familles ont dû verser entre 100 et 10 000 dollars pour obtenir la libération de leurs proches capturés en 2025.

Les ADF figurent également parmi les principaux groupes responsables du recrutement et de l’exploitation d’enfants en RDC, selon l’ONU. Ceux-ci sont contraints de participer aux combats, de transporter du matériel, de cuisiner ou encore de monter la garde.

Depuis 2021, l’armée ougandaise, en collaboration avec les forces congolaises, mène l’opération conjointe « Shujaa » dans le nord du Nord-Kivu et en Ituri pour combattre les ADF. Toutefois, cette offensive n’a pas permis de mettre fin aux violences.

Enfin, Amnesty souligne que le groupe recourt à des tactiques asymétriques, se dissimule dans une forêt tropicale dense, s’appuie sur un réseau étendu d’informateurs et utilise des moyens technologiques avancés pour échapper aux opérations militaires.