Corne d’Afrique : Tensions croissantes entre le Soudan et l’Éthiopie sur fond d’accusations militaires

La crise diplomatique entre le Soudan et l’Éthiopie s’intensifie. Mardi, Addis-Abeba a rejeté les accusations de Khartoum, qui l’accuse d’avoir participé à des attaques de drones sur son territoire, et a riposté en dénonçant un soutien soudanais à des groupes armés hostiles.

A l’origine de cette escalade, des frappes visant notamment l’aéroport de Khartoum. Les autorités soudanaises affirment disposer de preuves liant ces attaques à des drones lancés depuis l’aéroport éthiopien de Bahir Dar. Selon le porte-parole de l’armée, Assim Awad, ces opérations constitueraient une “agression directe” impliquant également les Émirats arabes unis.

En réaction, Khartoum a rappelé son ambassadeur en Éthiopie, marquant un nouveau palier dans la dégradation des relations bilatérales. Les autorités soudanaises assurent que leur armée est désormais en état d’alerte maximale.

Addis-Abeba a fermement démenti toute implication et contre-attaque sur le terrain politique. Le gouvernement éthiopien accuse en retour l’armée soudanaise de soutenir financièrement et militairement des combattants liés au Front populaire de libération du Tigré (TPLF), formation influente dans la région du Tigré. Selon les autorités éthiopiennes, Khartoum servirait de base arrière à des forces hostiles opérant le long de leur frontière commune.

Ces accusations sont rejetées par le TPLF. Son vice-président, Amanuel Assefa, nie toute collaboration avec le Soudan et accuse le pouvoir éthiopien de détourner l’attention de ses propres difficultés internes.

Dans ce contexte déjà tendu, le rôle des acteurs régionaux et internationaux suscite également des crispations. Le Soudan accuse régulièrement Abou Dhabi de soutenir les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), engagés dans une guerre contre l’armée régulière depuis avril 2023. Les Émirats rejettent ces allégations, dénonçant une “propagande” destinée à brouiller les efforts de résolution du conflit.

La Corne de l’Afrique apparaît plus que jamais comme une zone stratégique disputée, où s’entrecroisent rivalités locales et influences extérieures, notamment celles des puissances du Golfe. Plusieurs experts évoquent un risque d’embrasement régional si les tensions actuelles venaient à dégénérer.

Sur le terrain, la situation reste volatile. Les attaques de drones se multiplient, notamment à Khartoum, alimentant les craintes d’une extension du conflit. Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieldin Salem, a d’ailleurs averti que son pays était prêt à une confrontation ouverte si nécessaire.