Kenya : Emmanuel Macron défend la vision européenne face aux critiques en Afrique

En ouverture d’un sommet franco-africain à Nairobi, le président français Emmanuel Macron a défendu le rôle de l’Europe en Afrique, récusant toute comparaison avec des puissances accusées de pratiques prédatrices, notamment la Chine.

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique et The Africa Report, le chef de l’État a rappelé avoir dénoncé dès 2017 les dérives de la colonisation. Il nuance toutefois cette responsabilité historique, estimant que les décennies ayant suivi les indépendances doivent également être prises en compte. Il appelle ainsi les dirigeants africains à renforcer la gouvernance.

Face aux critiques visant les anciennes puissances coloniales, Emmanuel Macron insiste : selon lui, l’Europe ne constitue pas aujourd’hui un acteur dominant ou prédateur sur le continent. Il oppose cette vision à celle d’autres grandes puissances, accusées de privilégier des rapports de force économiques. Il cite notamment la Chine, qu’il juge engagée dans une stratégie créant des dépendances, en particulier dans le secteur des minerais stratégiques.

A l’inverse, le président français défend une approche basée sur le multilatéralisme, le respect des règles internationales et des partenariats équilibrés. Il plaide pour une autonomie accrue, tant pour l’Europe que pour l’Afrique, afin d’éviter toute forme de dépendance envers une puissance extérieure.

Sur le plan économique, il réitère son appel à réformer le système financier international. L’objectif est de faciliter l’accès aux investissements privés en Afrique, notamment grâce à des mécanismes de garantie. Une orientation qu’il partage avec William Ruto, également présent au sommet.

Interrogé sur les récents coups d’État au Sahel, le président français adopte une position prudente. Il estime que les États concernés doivent suivre leur propre trajectoire, même sous des régimes militaires. Il rappelle que la présence française dans la région répondait initialement à une demande des autorités locales pour lutter contre les groupes jihadistes, et que le retrait des troupes a été une conséquence logique après les changements de pouvoir.

Pour Macron, l’Afrique a « besoin d’investissements » plutôt que d’aide publique, que l’Europe n’est de toutes manière plus en mesure de lui fournir en abondance, a plaidé lundi le président français Emmanuel Macron au premier jour du sommet franco-africain de Nairobi.

Ce sommet, intitulé – en anglais – « Africa Forward » (« En avant l’Afrique »), est organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya, et s’est ouvert lundi par une journée d’échanges avec la jeunesse et la société civile, avant une journée plus intergouvernementale mardi.