Somalie : Puntland s’empare d’une base alliée au gouvernement Fédéral

Les forces de sécurité du Puntland ont pris d’assaut, mercredi, un camp militaire occupé par des combattants ralliés au gouvernement fédéral somalien. Après de violents affrontements d’une durée d’environ une heure, les autorités régionales ont annoncé avoir repris le contrôle du site, illustrant une nouvelle escalade des tensions entre Mogadiscio et les États fédérés.

Selon le président du Puntland, Said Abdullahi Deni, l’opération visait une base où le gouvernement fédéral aurait récemment acheminé des armes, des équipements militaires et des renforts afin de déstabiliser la région autonome. Il a accusé le président somalien Hassan Sheikh Mohamud de compromettre une paix déjà fragile et de menacer la stabilité dont bénéficie le Puntland depuis plusieurs années.

La police régionale affirme avoir arrêté 101 personnes, dont 60 blessées, et saisi des armes, des munitions ainsi que plusieurs véhicules. Le camp était auparavant occupé par des forces relevant du Puntland avant que leur commandement ne prête récemment allégeance aux autorités fédérales.

A Galkacyo, où se sont déroulés les combats, des habitants ont rapporté l’utilisation d’armes lourdes, notamment de mortiers. Plusieurs obus auraient atteint des quartiers résidentiels, provoquant des victimes dont le nombre n’a pas été confirmé. Des témoins indiquent que les combattants favorables à Mogadiscio se sont retirés vers le sud de la ville après avoir été submergés.

Cette nouvelle confrontation intervient dans un contexte de relations de plus en plus conflictuelles entre le pouvoir central et plusieurs États fédérés. Les tensions se sont accentuées depuis l’adoption, en mars, d’une réforme constitutionnelle portant notamment la durée du mandat présidentiel de quatre à cinq ans, une mesure vivement contestée par plusieurs dirigeants régionaux.

Ces derniers mois, les forces fédérales sont également intervenues à Baïdoa pour évincer le président de l’État du Sud-Ouest, tandis que des affrontements avaient déjà opposé l’armée nationale aux forces du Jubaland.

A cette crise politique persistante s’ajoute l’insécurité provoquée par les attaques répétées des shebab, affiliés à Al-Qaïda, qui conservent le contrôle de vastes zones rurales du pays.