Les autorités du Tigré ont accusé mardi le gouvernement fédéral éthiopien d’avoir mené une frappe de drone près de Mekelle, capitale de cette région du nord du pays, faisant craindre une nouvelle escalade entre les deux camps après des années de tensions.
Selon Kelali Hagazi, membre du comité central du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le drone a frappé vers 10H30 le village de Dandera, situé à une quinzaine de kilomètres de Mekelle. L’engin aurait ciblé un « centre de formation d’agriculteurs ». Les autorités tigréennes font état d’un combattant tué et de deux autres blessés.
Contactée par l’AFP, l’armée fédérale éthiopienne n’a pas réagi dans l’immédiat à ces accusations.
Cette attaque présumée intervient alors que la tension reste vive dans le Tigré. Depuis plusieurs mois, des forces fédérales et tigréennes sont déployées de part et d’autre de la frontière de cette région, sur fond de défiance croissante entre Addis-Abeba et les autorités locales. Plusieurs frappes de drones ont déjà été signalées ces dernières semaines.
Le 1er août, des affrontements avaient également opposé des forces fédérales à des combattants du TPLF dans le Tigré, près de la frontière avec le Soudan. Les deux camps s’accusent désormais mutuellement de préparer une reprise des hostilités.
Le TPLF, qui a dirigé l’Éthiopie pendant près de trois décennies, a progressivement perdu son influence après l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018. La rivalité entre les deux camps a finalement débouché sur une guerre meurtrière au Tigré entre 2020 et 2022, faisant, selon plusieurs estimations, au moins 600.000 morts.
Un accord conclu à Pretoria, en Afrique du Sud, en novembre 2022 avait permis de mettre fin aux combats. Mais la paix est restée fragile, avec de nouveaux affrontements signalés fin 2025 puis en janvier dernier.
