Le gouvernement tchadien a annoncé la fermeture de sa frontière avec le Soudan jusqu’à nouvel ordre, suite à des « incursions répétées » de groupes armés impliqués dans le conflit soudanais, selon un communiqué officiel publié lundi. Cette mesure vise à prévenir tout risque d’extension du conflit vers le territoire tchadien, qui partage plus de 1 300 kilomètres de frontière avec son voisin.
« Cette décision fait suite aux violations commises par les forces en conflit au Soudan sur le territoire tchadien », indique le ministre de la Communication, Gassim Mahamat Chérif. Il avertit que le Tchad « se réserve le droit de riposter contre toute agression ou violation de l’intangibilité de son territoire ». Le communiqué précise que les déplacements transfrontaliers de personnes et de biens sont suspendus, mais que des « dérogations exceptionnelles » pourront être accordées pour des raisons humanitaires.
La tension le long de la frontière s’est accentuée ces dernières semaines. Mi-janvier, sept soldats tchadiens ont été tués à proximité de la ville frontalière de Tiné lors d’une altercation avec les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire soudanais engagé dans le conflit. Fin décembre, deux autres soldats tchadiens avaient péri lors d’une attaque de drone menée par le même groupe.
Au Soudan, le conflit oppose depuis avril 2023 l’armée régulière aux FSR, qui contrôlent désormais la quasi-totalité de la région du Darfour, frontalière avec le Tchad. Samedi, les paramilitaires ont revendiqué la prise de la localité d’Al-Tina, après s’être emparés en décembre de deux villes voisines. La ville était auparavant tenue par les Forces conjointes alliées de l’armée régulière.
La guerre soudanaise a provoqué une catastrophe humanitaire majeure : plusieurs dizaines de milliers de morts et près de 14 millions de personnes déplacées, dont environ un million ont trouvé refuge au Tchad. L’ONU qualifie cette crise de « pire situation humanitaire au monde ».
