RDC : Une vague d’attaques fait plus de 80 morts 

La province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, replonge dans une vague de violences meurtrières. Depuis fin avril, au moins 80 personnes ont perdu la vie dans plusieurs attaques attribuées à des groupes armés, selon des sources locales et humanitaires.

L’épisode le plus sanglant remonte au 28 avril dans le territoire de Djugu. Des affrontements entre la Convention pour la révolution populaire (CRP) et les Forces armées de la République démocratique du Congo à Pimbo ont été suivis de représailles menées par des miliciens de la Codeco. Le bilan dépasse les 70 morts, incluant civils, combattants et militaires, d’après des acteurs de la société civile et des sources sécuritaires.

Ces violences s’inscrivent dans un conflit communautaire profond. La CRP est souvent associée à la communauté Hema, tandis que la Codeco se présente comme défenseur des intérêts Lendu. Les tensions entre ces groupes alimentent une instabilité chronique dans la région.

La situation sur le terrain complique même la prise en charge des victimes. Plusieurs jours après les attaques, de nombreux corps n’avaient toujours pas été récupérés. Seule une partie des dépouilles a pu être enterrée, laissant d’autres abandonnées dans les zones touchées.

Parallèlement, une autre attaque attribuée aux rebelles des les Forces démocratiques alliées (ADF) a aggravé le bilan sécuritaire. Survenue le 7 mai à Biakato, dans le territoire de Mambasa, elle a fait au moins 21 morts, selon une ONG locale. Plusieurs habitants restent introuvables après cette incursion.

Les ADF, groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique, sont régulièrement accusés d’exactions contre les civils en Ituri et dans la province voisine du Nord-Kivu.

Face à cette dégradation sécuritaire, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo a renforcé sa présence dans les zones les plus exposées, notamment à Djugu et Irumu. Des bases mobiles ont été déployées et les patrouilles intensifiées afin de mieux protéger les populations et répondre rapidement aux attaques.

Riche en ressources aurifères et située à la frontière de l’Ouganda, l’Ituri demeure un foyer de violences récurrentes mêlant rivalités communautaires et activités de groupes armés. Selon les Nations unies, près d’un million de personnes y sont aujourd’hui déplacées, témoignant de l’ampleur de la crise humanitaire.