Guinée-Bissau : La BM plaide pour des investissements dans l’agro-logistique

La Banque mondiale estime que le renforcement de la chaîne agro-logistique constitue un levier essentiel pour améliorer la compétitivité de l’agriculture en Guinée-Bissau. Dans un rapport intitulé Guinea-Bissau’s Agrologistics Performance, l’institution souligne que des investissements ciblés dans les infrastructures et les services logistiques pourraient générer près de 30 millions de dollars de gains d’efficacité chaque année, notamment dans les filières de la noix de cajou et du riz.

Pilier de l’économie bissau-guinéenne, l’agriculture représente entre 30 % et 50 % du produit intérieur brut (PIB) et assure les moyens de subsistance d’environ 85 % de la population. Malgré ce rôle stratégique, le secteur demeure confronté à une faible productivité, une faible création de valeur et une forte exposition aux effets des changements climatiques.

Le rapport met en évidence les nombreuses faiblesses de la chaîne agro-logistique, qui alourdissent les coûts de production et réduisent la rentabilité des exploitations. Les pertes après récolte sont évaluées entre 15 % et 25 %, tandis que les dépenses liées au transport et à la manutention peuvent atteindre jusqu’à 40 % des coûts supportés entre les exploitations agricoles et le port.

La Banque mondiale pointe également plusieurs obstacles structurels, parmi lesquels un réseau routier dont près de 70 % des axes ne sont pas revêtus, l’absence quasi totale d’infrastructures de chaîne du froid, un recours encore limité aux solutions logistiques numériques et un parc de transport vieillissant, dominé par le secteur informel.

Ces insuffisances entraînent des délais d’acheminement plus longs et des coûts logistiques particulièrement élevés, notamment durant la saison des pluies, lorsque l’état des routes complique l’accès aux zones de production. L’institution relève également la lenteur des procédures commerciales, qui pèse sur les échanges.

Pour remédier à ces difficultés, la Banque mondiale recommande d’accélérer la réhabilitation des infrastructures routières, de développer des capacités de stockage sécurisées au niveau des exploitations et de renforcer la coordination entre les ministères de l’Agriculture, des Transports et des Finances. Selon elle, ces réformes contribueraient à accroître la compétitivité du secteur agricole tout en réduisant la pauvreté rurale, qui touche 67 % de la population.