Un pétrolier a été pris jeudi sous le contrôle de six hommes armés dans le golfe d’Aden, au large du sud du Yémen, avant de mettre le cap vers la Somalie, où les actes de piraterie connaissent une nouvelle recrudescence depuis plusieurs mois.
Selon la société britannique de sécurité maritime Vanguard, le navire concerné est le SEAMULL, également identifié sous le nom de SIBU 1. Il aurait été détourné à environ 136 milles nautiques, soit près de 250 kilomètres, au large d’Al-Mukalla, dans le sud du Yémen.
L’alerte a été confirmée par l’United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) et le Maritime Security Centre – Indian Ocean (MSCIO), lié à la force navale européenne Atalante. D’après ce dernier, le pétrolier avait d’abord lancé un appel de détresse après avoir signalé l’approche d’un « navire non autorisé » alors qu’il naviguait vers l’ouest.
Les circonstances exactes du détournement restent à établir, tout comme le nombre de membres d’équipage présents à bord. Les autorités maritimes ont appelé les autres navires circulant dans la zone à renforcer leur vigilance.
Cette attaque intervient alors que la piraterie somalienne, longtemps contenue grâce à la présence de forces navales internationales et à des mesures de sécurité renforcées à bord des navires, connaît un regain d’activité. Après son apogée en 2011, le phénomène avait fortement reculé grâce notamment aux patrouilles militaires, à la formation de forces maritimes locales et à l’adoption de dispositifs de protection par les armateurs.
Depuis la mi-avril, plusieurs incidents ont toutefois été signalés au large du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, considéré comme l’un des principaux foyers historiques de la piraterie dans la région. Cette activité, apparue dans les années 2000 sur fond de pauvreté et de tensions liées à la pêche illégale, semble ainsi retrouver une nouvelle vigueur. Au moins cinq navires seraient actuellement détenus par des pirates somaliens, dont un bâtiment détourné lundi dernier au large du Puntland.
