Londres : Le Royaume-Uni délocalise un exercice militaire après un blocage administratif au Kenya

Le Royaume-Uni a décidé de transférer hors du Kenya un important exercice militaire prévu plus tard cette année, les autorités kényanes n’ayant pas accordé les autorisations indispensables au déploiement des troupes. L’annonce a été faite jeudi par le ministère britannique de la Défense.

Baptisé Haraka Storm, cet entraînement de six semaines devait se dérouler dans le comté de Laikipia, à environ 200 kilomètres au nord de Nairobi. Faute de permis, il sera finalement organisé dans un autre pays, sans qu’une nouvelle destination n’ait été précisée.

Dans un communiqué, Londres a regretté cette situation tout en réaffirmant son attachement au partenariat stratégique avec Nairobi. Les autorités britanniques ont souligné que les exercices conjoints avec les Forces de défense kényanes constituent un élément essentiel de la coopération bilatérale et contribuent à la sécurité des deux pays. Elles ont également indiqué poursuivre les discussions avec le gouvernement kényan afin de permettre la reprise des entraînements au Kenya dans les meilleurs délais.

Le Royaume-Uni dispose d’une présence militaire permanente dans le pays grâce à la British Army Training Unit Kenya (BATUK), installée sur la base de Nanyuki, dans le comté de Laikipia. Cette unité, qui compte environ 380 militaires, accueille chaque année des milliers de soldats britanniques pour des exercices menés sur des terrains publics, communautaires ou privés, conformément à un accord de défense entre les deux Etats.

Cette annulation intervient toutefois dans un contexte de tensions croissantes autour de la présence militaire britannique au Kenya. Plusieurs parlementaires kényans réclament un contrôle renforcé des activités de la BATUK ainsi qu’une responsabilité juridique accrue des soldats britanniques. Les populations riveraines dénoncent également les impacts environnementaux des exercices et la présence de munitions non explosées ayant provoqué plusieurs accidents.

Les relations entre Londres et Nairobi ont aussi été fragilisées par plusieurs affaires judiciaires, notamment l’enquête sur le meurtre d’Agnes Wanjiru en 2012, pour lequel un ancien militaire britannique a été inculpé et fait l’objet d’une procédure d’extradition. Des accusations de violences sexuelles impliquant des soldats britanniques ont également alimenté les critiques.

A ce stade, ni les autorités britanniques ni le gouvernement kényan n’ont expliqué les raisons du refus des autorisations, et aucun lien officiel n’a été établi entre cette décision administrative et les controverses entourant la BATUK.