Le conflit soudanais continue de s’enliser, sur fond de déclarations belliqueuses et de crispations diplomatiques. Le chef des Forces de soutien rapide (FSR), le général Mohamed Hamdane Daglo, a affirmé que ses troupes étaient prêtes à s’engager dans une guerre longue durée face à l’armée régulière, laissant planer la perspective d’un affrontement prolongé.
Dans une vidéo relayée par des médias locaux, le général a assuré ne pas souhaiter la poursuite des combats, tout en prévenant que ses forces pourraient tenir « des décennies » si nécessaire. Il a également indiqué que certains de ses hommes restaient déployés aux abords de Khartoum, notamment près d’Omdourman, malgré la reprise de la capitale par l’armée en mars 2025.
Ces propos interviennent dans un contexte de recrudescence des violences. La capitale, relativement épargnée ces derniers mois, a de nouveau été visée par des frappes récentes. Selon les Nations unies, l’intensification des attaques de drones menées par les deux camps a causé la mort d’environ 700 civils depuis le début de l’année.
De son côté, le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, maintient une ligne dure, affirmant que les opérations militaires se poursuivront jusqu’à la reddition des FSR.
Parallèlement à l’escalade militaire, les tensions s’exacerbent sur le plan humanitaire. Le gouvernement soudanais a convoqué les responsables des agences des Nations unies pour les mettre en garde contre toute collaboration avec une structure créée par les FSR pour gérer l’aide humanitaire dans les zones qu’elles contrôlent.
Cette entité, installée à Nyala, a récemment exigé des organisations humanitaires qu’elles s’enregistrent auprès d’elle et ouvrent des bureaux dans ses territoires. Khartoum dénonce une initiative illégitime et considère toute coopération comme une atteinte à sa souveraineté.
Le ministère des Affaires étrangères a ainsi averti que toute interaction officielle avec cette structure serait assimilée à un soutien à des autorités parallèles. Il a rappelé qu’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà condamné ce type d’initiatives, jugées menaçantes pour la stabilité du pays.
Malgré ces tensions, les autorités soudanaises assurent vouloir continuer à travailler avec les organisations internationales afin de garantir l’acheminement de l’aide, à condition que celle-ci transite par les canaux officiels.
