Des centaines de Libyens se sont rassemblés jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) afin de protester contre la présence de migrants en situation irrégulière dans plusieurs quartiers de la capitale et d’exiger leur expulsion du pays.
Répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, les manifestants brandissaient des cartons rouges, symbole de leur volonté de voir les migrants quitter le territoire libyen. Parmi les slogans scandés figuraient notamment « Non à l’installation des migrants et des réfugiés » et « La Libye appartient aux Libyens ». Les participants ont également demandé la fermeture des bureaux du HCR, qu’ils accusent de favoriser la présence de migrants dans le pays.
Certaines pancartes visaient également la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, accusée par les manifestants de vouloir faire de la Libye une zone de rétention pour les candidats à la migration vers l’Europe. Des messages rejetaient notamment tout accord visant, selon eux, à maintenir durablement les migrants sur le territoire libyen.
Face à ces accusations, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) a réaffirmé qu’aucune agence onusienne, y compris le HCR, ne mettait en œuvre de programme de réinstallation de réfugiés en Libye. Dans un communiqué publié jeudi soir, elle a qualifié de « totalement fausses » les allégations circulant à ce sujet et s’est inquiétée de la propagation de fausses informations et de discours haineux visant les Nations unies.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye demeure confrontée à une instabilité politique persistante. Le pays est divisé entre deux administrations rivales : le gouvernement reconnu par l’ONU à Tripoli et les autorités basées dans l’est du pays sous l’influence du maréchal Khalifa Haftar.
Cette situation a favorisé le développement de réseaux de trafic de migrants, faisant de la Libye l’un des principaux points de départ vers l’Europe pour des milliers de personnes originaires d’Afrique subsaharienne et d’Asie. Selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 900 000 migrants et réfugiés vivaient en Libye à la mi-2024.
L’ONU a récemment mis en garde contre la montée des discours hostiles aux migrants sur les réseaux sociaux, estimant qu’ils risquent d’alimenter les tensions, la discrimination et les violences au sein de la société libyenne.
