Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé mardi l’ouverture d’une procédure disciplinaire visant l’ambassadeur de France en Centrafrique, Bruno Foucher, à la suite d’accusations concernant des visites de jeunes femmes dans sa résidence officielle.
Le Quai d’Orsay a indiqué qu’une enquête administrative avait été menée à Bangui en 2026, à la demande du ministère. Après réception de ses conclusions, une procédure disciplinaire a été engagée à l’encontre du diplomate, laquelle est toujours en cours.
Selon des informations publiées par Le Canard enchaîné, l’ambassadeur aurait accueilli une trentaine de jeunes femmes dans ses appartements privés entre janvier 2024 et mars 2026. Ces visites répétées auraient notamment suscité des inquiétudes au sein des services chargés de la sécurité de la résidence.
Une inspection effectuée en avril aurait conduit à l’ouverture de la procédure. D’après le rapport cité par l’hebdomadaire, l’ambassadeur recevait en moyenne une quinzaine de visiteuses par mois et aurait même autorisé l’une d’entre elles à rester dans la résidence pendant son absence.
Interrogé à plusieurs reprises, Bruno Foucher aurait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux jeunes femmes. Les éventuelles sanctions disciplinaires peuvent aller d’un simple avertissement jusqu’à la radiation de la fonction publique, en passant par une mise à la retraite d’office.
Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. La Centrafrique demeure l’un des pays africains où la Russie dispose d’une influence importante, notamment à travers la présence de ses forces paramilitaires aux côtés du pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra.
Longtemps tendues, les relations entre Paris et Bangui connaissent toutefois une amélioration depuis 2024. En mars dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’était rendu dans la capitale centrafricaine et avait évoqué une « restauration complète des relations » entre les deux pays. Cette visite constituait alors la première venue d’un responsable français de ce niveau en Centrafrique depuis 2018.
