Les relations entre le Niger et la France connaissent un nouvel épisode de tension. Les autorités nigériennes ont accusé vendredi Paris d’avoir incité et entretenu une tentative de mutinerie militaire survenue fin août à Niamey. La France a fermement rejeté ces accusations, les qualifiant de « pures fantaisies ».
Présidé par le général Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres nigérien a affirmé qu’une tentative de déstabilisation avait été orchestrée dans la nuit du 28 au 29 août par des militaires dissidents d’une unité de renseignement relevant du commandement des opérations spéciales. Selon le gouvernement, cette opération aurait été soutenue par un vaste réseau de connivences dirigé par le pouvoir français.
Niamey estime que ces événements s’inscrivent dans une série d’actions visant à fragiliser sa politique de souveraineté et son contrôle des ressources naturelles. Le gouvernement a rendu hommage aux victimes civiles et militaires, tout en annonçant la préparation d’un dossier destiné à d’éventuelles actions devant la justice internationale. Il a également remercié ses partenaires de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), ainsi que l’Algérie et la Russie, pour leur soutien.
Les accusations nigériennes ont été catégoriquement rejetées par le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot. Barrot a assuré que Paris n’avait eu ni l’intention ni les moyens de provoquer une mutinerie au Niger. Il a dénoncé une nouvelle tentative de Niamey de faire porter à la France une responsabilité qu’elle n’aurait pas.
Les faits remontent à la nuit du 28 au 29 août, lorsque des tirs à l’arme lourde avaient retenti à proximité de plusieurs sites stratégiques de la capitale, notamment l’aéroport international Diori Hamani, le palais présidentiel et la télévision nationale. Le ministre de la Défense, Salifou Mody, avait évoqué des militaires ayant pris en otage certains de leurs camarades à la base aérienne 101 avant d’ouvrir le feu.
Le 31 août, le général Tiani avait assuré que la situation était totalement sous contrôle, après l’appui apporté par l’Algérie et la Russie aux forces nigériennes.
Quelques jours plus tard, un officier parachutiste, le capitaine Roger Gabriel, avait affirmé à la télévision publique avoir reçu des appels depuis plusieurs pays, dont la France, l’incitant à rejoindre les insurgés.
Le Bénin, également cité, a pour sa part rejeté toute implication. Son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, a assuré que Cotonou était opposé à toute tentative de déstabilisation du Niger.
