L’ancien président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a regagné Freetown dimanche, après plus de deux ans passés au Nigeria. Son retour intervient quelques mois après l’abandon des poursuites engagées contre lui dans le cadre d’une enquête sur une tentative présumée de coup d’État en 2023.
À la tête de la Sierra Leone entre 2007 et 2018, Ernest Bai Koroma avait été inculpé en janvier 2024 de trahison et de plusieurs autres infractions. Il s’était rendu au Nigeria quelques jours plus tard pour y recevoir des soins médicaux, avec l’autorisation de la justice sierra-léonaise pour une durée maximale de trois mois. Il y est finalement resté plus de deux ans.
Les poursuites liées à son implication présumée dans les événements de novembre 2023 ont été abandonnées récemment. En juillet, le Bureau du procureur général et le ministère de la Justice avaient officiellement annoncé la cessation des procédures, précisant que l’ancien chef de l’État était désormais libre de rentrer au pays.
Arrivé à Freetown accompagné de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et de la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, Ernest Bai Koroma a été accueilli à l’aéroport par sa famille, des membres du gouvernement et des responsables de son parti, le Congrès de tout le peuple (APC).
« Aujourd’hui, je rentre chez moi et je suis heureux », a déclaré l’ex-président, remerciant notamment le Nigeria, qu’il a décrit comme sa « seconde maison ».
Ernest Bai Koroma a également affiché sa volonté de contribuer à la paix et à la cohésion nationale à travers sa fondation et de conseiller la jeunesse de son pays. La ministre nigériane des Affaires étrangères a qualifié son retour de « jour historique », saluant un retour « sécurisé et digne ».
Le retour de l’ancien président intervient dans un contexte politique sensible, à deux ans de la présidentielle de 2028. Les autorités sierra-léonaises mettent en avant la nécessité de renforcer l’unité nationale, alors que des débats controversés sur une réforme constitutionnelle et du système électoral alimentent les tensions.
En novembre 2023, des hommes armés avaient attaqué plusieurs installations sécuritaires à Freetown, notamment des casernes, des prisons et des commissariats. Les affrontements avaient fait 21 morts et permis l’évasion de centaines de détenus. Les autorités avaient alors présenté ces événements comme une tentative de renversement du pouvoir.
