Libye : Un groupe armé bloque un oléoduc et menace la production d’al-Charara

Un groupe armé a fermé une vanne de l’oléoduc reliant le champ pétrolier d’al-Charara au port de Zawiya, dans l’ouest de la Libye, provoquant une baisse de la production, a annoncé lundi soir la Compagnie nationale de pétrole (NOC).

La fermeture de la vanne a entraîné une accumulation de pression dans la conduite de transport du brut, contraignant à réduire sensiblement la production du champ, l’un des principaux sites pétroliers du pays.

La NOC a averti qu’une prolongation du blocage pourrait entraîner l’arrêt complet des opérations de production, de transport et d’exportation d’al-Charara. Face à cette situation, la compagnie pourrait être contrainte de déclarer un « état de force majeure ».

Selon la compagnie nationale, une interruption prolongée aurait des conséquences directes sur les recettes publiques, en réduisant les revenus tirés des exportations de pétrole. La NOC met également en garde contre les répercussions sur la raffinerie de Zawiya, située à environ 45 kilomètres à l’ouest de Tripoli.

Un arrêt de cette installation pourrait notamment accroître la dépendance de la Libye aux importations de carburants et faire grimper leur coût, souligne la compagnie.

Les interruptions de la production et des exportations pétrolières sont fréquentes en Libye. Des groupes armés, des communautés locales et des mouvements de protestation ont régulièrement recours au blocage de champs, d’oléoducs ou de terminaux pour faire pression sur les autorités et obtenir satisfaction à leurs revendications.

Le secteur pétrolier constitue la principale source de revenus de l’Etat libyen. Le pays, qui possède les réserves de pétrole les plus importantes d’Afrique, reste profondément marqué par l’instabilité politique et sécuritaire qui a suivi la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011.